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Photomontage : un porte conteneurs vue de face se dirige vers nous en pulvérisant la forêt tropicale

 

Le Grand canal du Nicaragua doit relier les océans Atlantique et Pacifique.  Bien plus grand que celui du Panama – avec 280 km de long, jusqu’à 520m de large et près de 30 mètres de profondeur – cet ouvrage pharaonique à 50 milliards de dollars impliquerait la réalisation entre autres d’écluses géantes, de deux ports, d’une zone franche et d’un oléoduc.

Porté par le président Daniel Ortega qui y voit pour son pays une porte d’entrée dans une ère nouvelle, le projet est rejeté par des milliers d’habitants lors de manifestations publiques. Et pour cause, le canal interocéanique signifierait l’expropriation et le déplacement forcé pour au moins 100.000 d’entre eux ainsi que la destruction de 400.000 ha de forêts tropicales où vivent jaguar, Tapir de Baird et singe araignée de Geoffroy.

Pire, le canal doit permettre aux pétroliers et porte-conteneurs géants de traverser sur 90 km le lac Cocibolca, habitat d’une faune aquatique unique et plus grande réserve d’eau douce d’Amérique centrale.

Le gouvernement nicaraguayen a signé avec l’homme d’affaire chinois Wang Jing un accord de 50 ans pour la construction et l’exploitation du canal. Personne ne sait comment son entreprise HKND (Hong Kong Nicaragua Development), créée pour l’occasion et immatriculée aux îles Caïmans, compte assumer les coûts de construction.

« Il n’y a encore aucune enquête technique, ni étude environnementale, rien sur la viabilité financière ou sur des perspectives de rentabilité, c’est-à-dire pas la moindre condition pour démarrer le projet » déplore l’avocate spécialisée en droit de l’environnement Monica López Baltodano. La seule chose certaine est que le canal doit faciliter le transport des matières premières, et en premier lieu vers la Chine.

Mobilisons-nous pour stopper ce désastre environnemental et social en préparation !